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Conte de Fées 1 -La véritable histoire de la Belle au Bois Dormant.


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#1 Blasphème

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Posté 26 fvrier 2015 - 19:11

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[RP concernant La Bonne Fée]

 

 

Je suis née un printemps, lors de l'éclosion d'un premier bouton de rose, quelque part dans un royaume qui serait plus tard celui des royalistes. On m'a toujours tout demandé la beauté, la richesse, l'amour et chacun a toujours pensé que je devais tout à tout le monde. J'ai vécu des siècles et des siècles à me torturer l'esprit et à céder ce que j'avais de plus cher pour les autres, jusqu'au jour où l'inévitable se produisit.

 

Aurore était une jeune femme douce, souriante, belle... Enfin, elle était une princesse comme les autres et comme les autres elle était amoureuse d'un prince qu'elle n'avait vu qu'une seule fois. Si au début de ma vie j'avais trouvé ces sentiments nobles et délicats avec le temps je les savais mièvres et irresponsables. Comment pouvait-on aimer avec un seul regard ? Pour aimer, il fallait oser péter devant son partenaire... Comment ça, vous pensez qu'une princesse ça ne pète pas ? Je peux même vous assurer qu'elles font caca... Et qu'elles se retiennent toute leur vie pour paraître parfaites. Je n'ai jamais envié leur situation, jamais... Encore moins celle d'Aurore.

 

Une fois, j'avais décidé de vivre en-dehors des nuages et d'être presque humaine l'espace de quelques années. Je pensais que comme d'autres j'avais mérité quelques vacances et j'avais posé mes valises scintillantes près d'une ferme verdoyante. Tous les matins, j'aidais aux travaux de ferme... Bon certes à ma façon, la magie avançait bien le dur labeur... Mais ceci n'est qu'un détail. Les paysans étaient de bonnes personnes et j'eus pour eux une sympathie incroyable. Je n'eus plus envie de retourner dans les nuages et j'eus encore moins envie de le faire le jour où des gardes s'arrêtèrent devant la ferme, un nourrisson dans leurs bras. C'était un petit garçon qui, selon les dires des hommes d'armes, était victime d'une terrible malédiction. Sa seule chance était de le cacher et la ferme serait pour lui le refuge idéal. Les bons paysans qui n'avaient jamais pu avoir d'enfant virent ce présent comme une bénédiction et acceptèrent de suite l'offre qui leur fut faite d'élever ce fils de la Providence.

 

Cet enfant, je l'ai accompagné, je l'ai vu grandir, j'ai gardé ses sourires dans mon cœur, je lui ai appris tant et tant de chose... Et je l'ai vu devenir grand, beau et fort alors que je n'avais pas moi-même prit une seule ride. Il m'arrivait parfois de faire de la magie en sa présence, de faire éclore quelques fleurs ou de marcher sur l'eau du lac, remplissant la vallée de mes rires joyeux. Il savait que je n'étais pas humaine, mais je savais que malgré cela je partageais avec lui des regards et des sentiments ne laissant aucune place au doute. L'amour n'était pas ce que toutes ces personnes pensaient et je le savais maintenant mieux qu'elles... J'avais coup sur coup compris celui d'une mère et celui d'une femme, car je vouais à l'enfant devenu grand une passion dévorante. Mais bientôt, les gardes qui avaient amené à la ferme mon plus grand bonheur revinrent me le prendre à coup de "Tu es le fils du Roi, tu dois reprendre ta place au château, tu es grand et assez fort maintenant pour détruire la malédiction". Bien évidemment, je ne savais pas de quoi il s'agissait et je jugeais qu'il était temps pour moi de retourner dans mon nuage et de reprendre ma vie de fée. De là-haut, je pourrais suivre mon Prince Charmant et vérifier qu'il aille bien... Ou qu'il trouve enfin son bonheur.

 

Mais de là-haut, je ne vis que ses tourments et sa tristesse. Il restait des heures devant les fleurs closes et il tenta un jour de marcher sur l'eau de la fontaine, sans succès et resta un moment dans les flots en regardant le ciel. L'Amour n'était pas autorisé aux fées car si elles devaient donner le bonheur à tous, elles n'y avaient elle-même pas le droit. Des nuages voisins, d'autres fées venaient me voir, se moquant de l'affection que je portais au prince et du désarrois qui me dévorait de jour en jour. C'est alors que je décidais qu'il était temps qu'il m'oublie, qu'il trouve à son tour une princesse... La princesse Aurore qui elle aussi avait grandi dans la forêt pour éviter une malédiction. S'ils avaient assez de force, tous deux pourraient se battre et vaincre les ténèbres, quant à moi je devais me ressaisir et continuer mes grandes œuvres pour les y aider. Je fis donc en sorte qu'Aurore rencontre le Prince dans la forêt, mais le charme n'agit pas... Ils se rencontrèrent donc encore et encore mais il y avait comme un problème. Aurore n'attendait qu'un baiser de son prince, quand le prince semblait la considérer comme une petite sœur fragile. C'est ainsi que je me présentais à la princesse et que je récoltais ses larmes jour après jour. Sa malédiction était terrible: elle ne pourrait pas retrouver son trône et sa noblesse tant qu'un prince ne lui aurait pas donné un véritable baiser d'Amour. Je lui expliquais donc que des Princes, il y en avait d'autres... Jusqu'à ce que je comprenne que pour elle il n'y en aurait pas d'autre. J'étais une bonne fée, mais mes pouvoirs avaient des limites. Je ne pouvais pas obliger ni la mort, ni la vie, ni l'amour. Je n'avais pas le choix... Je devais retrouver le Prince Charmant et le ramener sur le chemin de la raison afin que lui et la princesse aient la fin heureuse qui leur était prévue.

 

Quand j'arrivais devant son château, il m'accueillit personnellement de manière peu protocolaire. Ses bras chauds m'enveloppèrent et sur mes lèvres diaphanes un baiser se posa. Au fond, je n'avais voulu que cela, le retrouver et vivre à mon tour mon conte de fées... Mais cela était impossible, du moins tant que j'avais des ailes et son destin devrait se lier à Aurore. Déboussolée, je m'étais reculée et avait regardé le prince. Je voulais lui dire que tout cela était insensé, impossible, que notre passion irréaliste n'était qu'une folie passagère mais au lieu de cela j'avais fui dans mon nuage sans rien dire. Ce silence fut dévastateur, le prince annonça bientôt qu'il allait se marier avec la femme qu'il avait toujours aimé et Aurore du fond de sa forêt crut bien entendu qu'il s'agissait d'elle. Dans un dernier élan, je suis descendue la voir et à partir d'une plume de cygne je lui ai confectionné la plus belle des robes. La princesse avait fière allure et elle était d'une beauté incroyable. Si elle se rendait ainsi vêtue chez le prince, peut-être changerait-il d'avis et peut-être estimerait-il qu'elle était bien plus digne qu'une bonne fée pour être sa princesse. 

 

Malheureusement, tout ne se passa pas comme je l'avais voulu. Le prince refusa ses avances et lui annonça qu'une autre femme serait bientôt sa femme et la future reine de son royaume. Aurore repartit humiliée au fond de sa forêt et je descendis une fois de plus de mon nuage pour sécher ses larmes. Sa malédiction était tombée, je savais qu'il lui faudrait attendre un siècle encore pour trouver le Grand Amour, mais ce que je savais encore plus était qu'un humain ne pouvait pas attendre cent ans pour vivre. Je l'endormis donc d'un sommeil enchanté qui ne la ferait pas vieillir et l'enfermais dans un cercueil de cristal, l'entourant d'épais rosiers enchantés.

 

"Le jour venu, princesse Aurore,

Venu des lointains pays d'Or

Un prince viendra sur son cheval

Lancé à une allure infernale

Et posera sur tes lèvres de velours

Le véritable baiser d'amour."

 

Je retournais au château du prince, consciente du désastre que causerait son affection à mon encontre. Le Roi Galoregor qui était le père du prince le congédia, intimant qu'il ne voulait plus jamais le voir. Sa malédiction était la perte du royaume et les bonnes fées n'étaient pas faites pour être Reine... Le constat était clair et je réalisais que mes efforts avaient été vains. Aurore devait être elle qui redorerait le blason des royalistes, celle qui devait faire d'Alidhan un royaume de paix et d'amour, le prince quant à lui devait être élevé dans le secret car il n'aurait jamais dû me rencontrer... Or ma placé était près des princes et princesses, pas dans une ferme... Tout cela n'avait été qu'un fâcheux concours de circonstances et à cause de cela une guerre s'était abattue et elle devrait au moins durer cent ans. 

 

Je descendis de mon nuage, l'abandonnant et m'enfuis avec le prince chez les cartellois de la forêt, pour survivre au siècle de chaos et d'horreur à ses côtés. Nous ne savons pas encore ce que notre amour interdit nous réserve mais nous sommes bien décidé à vivre au mieux notre bonheur au milieu du malheur d'autrui.


~Je suis le monstre de votre placard~

 


#2 Blasphème

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Posté 24 novembre 2015 - 15:04

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[RP concernant La Bonne Fée]
 

 

 

Conte de Fées 2 - La véritable histoire de la Belle et la Bête

 
Quand on a l'habitude de vivre dans le luxe et l'opulence, on s’accommode peu aux restrictions du commun des mortels. Je pensais vivre mon conte de fées, m'enfuir avec l'amour de ma vie dans une forêt et écrire à mon tour une histoire follement romantique mais il n'en fut rien. Après la passion, la séparation et les épreuves on pense enfin avoir droit à une vie paisible mais j'appris que le pire ennemi de l'amour était la malédiction des Fées qui décidèrent de me punir pour mon audace. 
 
Du jour au lendemain, le prince ne supporta plus de vivre dans une hutte, il ne supporta plus de manger sans couverts d'argents, il avait envie d'une nouvelle cape de soie mais n'en trouvait pas à Cyrosh. De caprices inassouvis en caprices inassouvis il devint de plus en plus infect et de plus en plus dur à combler. Ma baguette  a chauffé bien des fois, s'évertuant à combler ses manques mais petit à petit il ne me vit plus comme sa dulcinée, mais comme un objet. Jamais il ne m'embrassait, il ne me disait plus combien j'étais belle ou combien il m'aimait, il m'appelait toujours "La Fée !" de sa voix la plus dure et m'imposait ses désirs comme s'ils étaient des ordres.
 
Mon nuage me manquait et bien des fois j'eus envie de le retrouver mais c'était sans compter sur nos compagnons d'arme qui avaient besoin de chaque force pour survivre. Mara, Silderian, Yujiro... Tant de noms encore que j'oublie mais que je ne peux me permettre d'abandonner. Ne voulant point les ennuyer avec mes fadaises, j'endurai jour après jour les caprices princiers. Je devais payer mon impudence, la nature me remettait à ma place. C'était mon fardeau pour avoir oublié que je n'étais pas une princesse. De dorures en soieries, je m'exécutais inlassablement.
 
Saviez-vous que les enfants gâtés et orgueilleux paient toujours leur indécence ? Mon pouvoir avait un prix et plus le temps passait, plus je le payais sans le savoir. Peu à peu, ma punition agit sur le prince de manière singulière, lentement d'abord puis de plus en plus rapidement. Sa peau douce et blanche se recouvrit d'une fourrure sombre, des cornes ornèrent son crâne et d'immenses crocs dépassèrent de ses lèvres. Sous l'ombre de ses reflets, les miroirs se brisaient et son caractère se fit chaque jour plus violent. Bientôt, je ne fus plus qu'une poupée de chiffon déchirée en partie par ses griffes et ses crocs. La Bête menaçait de me dévorer jour après jour et je m'efforçais encore de voir le prince caché derrière la fourrure. Les fées sont immortelles, ce qui n'était pas un bien. Je pouvais aisément passer mon éternité à souffrir, jamais le Mal prendrait fin. J'avais mérité ce qu'il m'arrivait, le code d'honneur des Fées ne permettait pas d'aimer et encore moins de faire passer son propre bonheur avant les autres. Je ne permettais à personne de blâmer le Prince Charmant, il n'avait pas changé car il l'avait voulu, il avait changé parce-qu'un enchantement me maudissait.
 
Pour mettre fin à ses supplices, je devais mettre un terme à notre relation et lui faire oublier l'amour qui jusque là nous avait lié, pour le meilleur mais aussi pour le pire.
 
Désarmée, la mort à l'âme, j'avais retrouvé la Bête un matin quand cette dernière dormait encore. Lentement, je l'enveloppais d'une aura paisible et dans les airs mon incantation vibra:
 
"De mon amour je te délivre
Que jamais plus il ne t'enivre
Et de ton esprit efface-moi
Occulte mon visage, ma voix."
 
Un flot de paillettes sortit de ma baguette et les yeux humides je regardais quelques instants la Bête redevenue Prince. Sa Belle, elle dormait quelque part et il irait la délivrer comme la Magie l'avait convenu. Pour mes frasques, je savais que je serai châtiée et serai à mon tour victime d'une malédiction... Dans combien de temps ? Pour combien de siècles ? Je ne le savais pas encore mais au fond je ne trouvais pas juste d'être punie pour avoir aimé une fois dans ma vie.
 
Les nuages, je savais que je ne les retrouverais jamais parce-que je n'en avais plus envie et parce-que je savais que je deviendrais la risée de mes congénères. A mon réveil, le prince ne se souviendrait pas de m'avoir aimée, à son réveil il me verrait comme une sœur avec qui il aurait grandit. Désormais, une autre fée s'occuperait de son sort et le guiderait vers son destin... Il y en aurait même trois pour assurer sa réussite... Une bleue, une verte et une rouge.
 
"Je suis désolée, mon amour et sache que pour ton bonheur je suis prête à mourir."
 
Une fois le sort passé, le Prince Charmant redevint le fier destrier de ces dames, incapable de violence et n'ayant jamais un mot de travers. A ses yeux, je serai désormais une femme banale et sans attrait, j'éviterai au maximum de le croiser et ferai mon possible pour paraître fade et insipide à ses yeux. Quand par hasard il croiserai ma route, je passerai pour une idiote sans culture et je ferai en sorte qu'il se lasse bien vite de ma compagnie. Maudites soient les Fées, leurs codes et leur magie ! Maudits soient tous ceux qui pensaient tout savoir du bonheur, maudit soit l'amour du prince et de l'endormie qui ne serait jamais véritable...
 
Et surtout, maudit soit le jour où je serai punie parce-que je l'aime encore.

Modifié par Blasphème, 24 novembre 2015 - 15:06 .

~Je suis le monstre de votre placard~

 





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