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La paix

concours rp wesheuh !

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13 réponses à ce sujet

#1 mio

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Posté 18 novembre 2017 - 19:43

La pluie bat à coups sourds mes poils drus et lourds, peignant son tableau muet de marchands anxieux, affairés à sauver leurs marchandises avant que le cataclysme diluvien ne s'emploie à les détremper définitivement.

Il faut les comprendre ; ils ne peuvent pas jeter. Comment fait-on pour accroître la famille quand de telles pertes imprévues nous sectionnent les bourses ? Dans le temps on avait pas ce souci. Faut dire que si pas au moins un de nos gosses se faisait débiter dans un raid avant ses sept ans, on prédisait aux croque-morts un improbable temps de crise. Ah, crotte ! Les carottes ! Les v'là fichues !

Quand on est un félin, on sent l'odeur des fruits qui pourrissent sous la flotte. Mais on ne sent plus la tourbe des tombes que l'eau retourne et ce léger arôme de putréfaction qui revient titiller les naseaux. La senteur de l'automne n'est autre que celle des feuilles mortes et des affaires florissantes qui attendent le printemps. Le remugle de la pluie n'apporte même plus celui du sang qui avait séché sur les pavés et que l'humidité rend à nouveau virulent.

L'automne est devenue morne.

Les camelots ont remballé. Je ne peux plus jouer à imaginer le discours que lancent leurs lèvres muettes sous les tambours du temps. De toute façon, j'arrive bientôt à la taverne. Il y aura peut-être un peu d'agitation.

 

La porte s'ouvre dans un bruit fracassant. Des trombes de boues s'écrasent sur les planches vermoulues de l'entrée. Je guette l'aubergiste. Tout sourire. L'enfer.

Alors je joue l'agacement et je me secoue frénétiquement la chaire pour alléger mon pelage ruisselant, arrosant tous les imprudents qui ont eu la mauvaise idée d'oublier de s'éloigner de l'entrée des lieux. J'en profite pour roter outrageusement et envoyer d'une voix rauque au tenancier "Cabaretier ! Une grande cervoise !"

Allez, là je me dis que j'en ai fait assez. Je scrute l'étonnement de voir un chat qui parle, mais surtout la colère provoquée par mon attitude de cuistre. Rien. Ils s'en moquent. Par Belzébuth ! Ça ne leur fait rien !

Oh, allons, bien qu'assez mal élevé, il semble affectueux ce chaton. Pardonnons-lui ses écarts. Du reste, rien de bien sérieux qui vaille la peine de compromettre la quiétude du lieu. On est si bien là.

Je ne décèle même pas une once d'effroi ou de timidité. De la bienveillance à tout va. Ça me file la nausée.

Je me colle à une table, pose un arrière train de nouveau humain sur un fauteuil rembourré - Bah quoi ? Ya plus les vieux tabourets en bois branlants. Qu'est-ce que j'y peux moi ? - et le garçon m'apporte mon verre. Oué oué, j'ai bien dit un verre. Un beau verre en vrai verre ouvragé. Adios, les vieilles chopes en terre cuite. Et il attend patiemment à côté de la table, sans se défaire de son insupportable sourire. Je lui balance quelques pièces sans le regarder. Cet ignoble chérubin les prend et me rend la monnaie, tout en me remerciant, affable comme pas permis.

Je l'ignore avec hargne et me renfrogne sur ma boisson, délicieuse. Un léger fumet de miel et de cannelle dans un ensemble à l'amertume doucereux. Requinquant, grisant, juste assez épais pour la saison, avec une légère tiédeur chambrée à la perfection. Une perle de saveur. Et bon marché avec ça.

Bon sang, ce que le monopole d'un breuvage rude, infect et hors de prix peut me manquer !

 

Mes regards en coin ne mènent nulle part. Pas un badaud pour une castagne. Pas même un écusson ostensiblement exposé.

Oh, on les porte, hein. Par principe, par habitude. On le devine vaguement entre le pourpoint et le madras, accumulant paisiblement la poussière, quand il n'est pas brodé sur l'écu qui orne sagement le manteau de la cheminée, dans la nouvelle demeure bâtie pour l'ancien combattant. Ceux qui y voient encore un symbole de quelque chose sont en terre depuis longtemps. On se demande même si les vieux dirigeants ne seraient pas morts de leur sénilité ou sur l'heure ensemble dans l'un des castels à siroter du jus en battant les dés.

 

Alors puisqu'on ne peut pas se battre, on n'a qu'à discutailler en ripaillant et s'abreuvant à foison, puisque l'heure est à l'abondance ! Je bondis à pieds joints sur ma table et brise mon verre vide en le jetant par terre - geste qui arrache un haussement d'épaule au planton occupé à lustrer son comptoir - puis je tousse un bon coup pour attirer l'attention avant de hurler comme un sauvage.

"Et la paix ? Mortecouille ! On en parle ? De la paix ?!

Et ils me regardent, inexpressifs.

- Garçon ! Le même !"

Et le v'là qui débarque avec mon prochain verre et un balais pour ramasser mes frasques. Toujours tout sourire. Tu vas en ramasser des verres mon grand ! Je vais t'l'effacer moi ç'sourire...!

 

J'en suis à mon huitième et sa prévenance n'a pas pris un coin d'ombrage. Pas moyen de décrocher une insulte d'un autre ivrogne. Pas même un soupir agacé. J'abandonne. J'ignore si c'est à se damner ou à en pleurer. Je lui tends mon verre pour qu'il le remplisse mais je ne verrai pas la couleur du prochain. Je m'effondre sur la table en ronflant tout mon désarroi.

La paix m'emportera.

 

 

________________________

 

 

Salut les ptits loups ! Eh ouai, vous avez bien entendu ! C'est un concours rp ! Popopooo !

Alors c'est parti ! Faut participer ! Faut s'lancer ! Ya quequ'chose à gagner ? Des po's si vous voulez, mais tout le monde s'en balance. Mon affection éternelle et un gros poutou, et ça, c'est pas d'la merde ma gueule !

 

Le thème, bah c'est la paix. Surprenant, hein. Allez allez, avouez que vous vous y attendiez pas...!

 

Et puis le jury ? Bah c'est moi. Parce que c'est trop compliqué d'avoir des jurés sûrs et que t'façon c'est que pour le fun. Donc on s'en balance. Et puis en plusse, comme je suis trop cool, si c'est moi qui juge, ce serait forcément un jugement trop bien.

 

Alors jusqu'à quand qu'on écrit ? Bah on se dit qu'on se fait ça pour les vacances de noël, allez, avec un peu de marge pour la digestion du fois gras... Date butoir 14 janvier ! Et puis je vous rends le classement le 14 février. Parce que j'aime bien le 14 février.

 

Comment qu'on envoie ? Bah comme on veut. Les ptits timides m'envoient le bazar par mp. Les grands seigneurs qui n'ont pas peur peuvent le poster à la suite de ce sujet. De toute manière on est tellement nombreux à jouer encore à ce jeu que l'anonymat, on s'en balance. Et puis comme on a dit, c'est pour le fun, alors taïaut !

 

Et puis des bisous à tout le monde, même à ceux qui m'aiment pas. Et puis ceux qui m'aiment pas, participez quand même parce que quand on n'aime pas, on compte ! (donc vous comptez pour moi dans mon cœur et toussa, cqfd et des bisous aussi...)


Modifié par mio, 18 novembre 2017 - 19:43 .

miaou.


#2 Blanche Halmak

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Posté 19 novembre 2017 - 11:16

J'aurais bien dit oui, mais à chaque fois que je dis que j'écris un truc, je le fais pas. Alors on verra  :angel:



#3 Blasphème

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Posté 19 novembre 2017 - 17:47

Affection éternelle ? Gros poutou ?

 

J'ai déjà eu tout ça mais j'en veux plus, non merci.


Sois un homme, comme ta mère.

 


#4 mio

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Posté 07 janvier 2018 - 10:50

Allez les loulous ! Reste plus qu'une semaine ! Il faut se bouger ! :P


miaou.


#5 Redark

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Posté 07 janvier 2018 - 11:18

Bonne chance aux participants !

#6 cheliom

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Posté 07 janvier 2018 - 18:59

J'aurai bien aimé participer, mais j'ai déjà 3 disserts a faire alors .. je passe mon tour pour cette fois, mais la prochaine fois avec plaisir ! 

 

Bon courage et bonne chance aux participants  ^_^



#7 mio

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Posté 15 janvier 2018 - 01:28

C'est un peu de tristesse et de solitude, c'est comme de la tristitude plus... rien. En tout cas c'est la tristitude, la tristituuuuude !

:(


miaou.


#8 Redark

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Posté 15 janvier 2018 - 02:28

Aucun RP ?



#9 mio

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Posté 15 janvier 2018 - 23:35

Hé non. Pas un malheureux petit texte perdu pour que je puisse me ravir les yeux. Pas un. Snif.

:(


miaou.


#10 Redark

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Posté 15 janvier 2018 - 23:38

J'aurai bien dit que j'aurai participé au prochain concours malgré mon niveau pas très élevé, mais la question se pose sur le fait qu'il y en ait un prochain...

#11 mio

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Posté 15 janvier 2018 - 23:52

Je viens d'avoir un texte ! Bon, c'est un peu en retard et il est assez succinct. Mais j'ai eu un texte !! Merci !!!

  :wub:  :wub:  :wub:  :wub:  :wub:

 

Du coup Rambo est déclaré vainqueur du concours. Voilà.

:chapo:


miaou.


#12 Rambo

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Posté 15 janvier 2018 - 23:58

Merci !!!  :fetard:  

Génial, pleins de bisous qui me porteront chance dans mon chemin d'aventurier  :warrior2: 

Encore merci pour ton petit défi  :fetard: 



#13 Blanche Halmak

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Posté 11 mars 2018 - 12:42

Pour que Blasphème ait autre chose à lire que les bêtises des autres sur le sujet sur Sparky, j'ai écrit un petit rp  :wub:

 

 

Plof

Je voudrais… 

Plof

Je voudrais vraiment… 

Plof

Je voudrais vraiment, vraiment… 

Plof

Des ronds se dessinent dans l’eau, de plus en plus grands. Ils s’étirent, prennent de plus en plus de place. Ils sont trop gourmands, ils veulent trop, trop rapidement. A force de se grandir et de s’étirer, ils explosent et disparaissent. 

Plof

Encore une vague de ronds. C’est joli à regarder. C’est paisible. C’est envoutant. C’est rassurant parce que même s’ils disparaissent, on peut en faire revenir de nouveaux, à l’infini. 

Plof

Enfin, presque à l’infini. Tant que l’on a de quoi les créer. 

Plof

Et j’ai de quoi en créer. Plus que je ne pourrais en faire pendant toute ma vie. Deux milliards quatre cent cinquante-deux millions six cent cinquante-et-un mille sept cent soixante-dix-sept, pour être précise. Si j’en lance à chaque seconde, ça fera deux milliards quatre cent cinquante-deux millions six cent cinquante-et-un mille sept cent soixante-dix-sept secondes. Ou quarante millions huit cent soixante-dix-sept mille cinq cent vingt neuf minutes. Ou six cent quatre-vingt-un mille deux cent quatre-vingt-douze heures. Ou vingt huit mille trois cent quatre-vingt-sept jours. Ou quatre mille cinquante cinq semaines. Ou neuf cent trente trois mois. Ou soixante-dix-sept ans. 
 

Plof

Soixante-dix-sept ans. Ce n’est pas tant que ça, finalement. Je serai encore vivante. 
 

Plof

Où est-ce que je serai, dans soixante-dix-sept ans ? Qu’est-ce que je ferai ? Avec qui ? Et à quoi penserai-je ? Me souviendrai-je de cet instant où je jetais des pièces dans l’eau pour faire des vœux ? 

Plof. 

Apparemment, l’argent peut tout acheter. Enfin c’est ce qu’on entend. Et c’est ce qui semble se produire. Alors j’essaie d’acheter des vœux. 
 

Plof

Je pourrais faire le vœu que mes vœux se fassent automatiquement. Ou le vœu que mes vœux se réalisent vraiment. 
 

Plof

Si je jette tout d’un coup, peut-être que j’aurais plus de chance que mon vœu se réalise. Ou peut-être que j’assommerais juste les poissons. 
 

Plof

Les ronds continuent de se dessiner, inlassablement. L’eau du bassin redevient calme, plate et immobile. Il n’y a pas un bruit. La nature semble écouter les petits clapotements que créent mes pièces lorsqu’elles tombent dans l’eau. Elle retient son souffle, esclave de mes caprices. J’attends un peu, respirant à peine, comme changée en statue. Je compte jusqu’à dix, jusqu’à ce que les oiseaux se remettent à chanter et… 
 

Plof

Le silence, à nouveau. Je décide. Je dicte mes envies, uniquement à la force de petites pièces en or, rondes et brillantes. Si j’attends un peu plus, j’apercevrai peut-être une grenouille ou un poisson. Je compte jusqu’à dix, les oiseaux chantent. Je continue jusqu’à vingt, une petite brise se lève et fait danser les feuilles. 
 

Plof

Le calme, à nouveau. Je règne même sur les éléments. Le vent attend, patiemment, que je l’autorise à souffler. Si je jette une pièce, le silence et la solitude. Mais sans pièce, je ne peux pas faire de vœu. 

Plof

Si j’arrive à lancer ma pièce plus loin que la pierre, mon vœu se réalise. 
 

Plof. Gagné. 

Si j’arrive à toucher la pierre, mon vœu se réalise cette année. 
 

Plof. Gagné. 

Si j’arrive à laisser ma pièce en équilibre sur la pierre, mon vœu se réalise aujourd’hui. 
 

… 

 

Tiens, je n’ai plus de pièces. Tandis que je me lève, je l’aperçois au loin qui arrive.


Modifié par Blanche Halmak, 11 mars 2018 - 12:42 .


#14 Blasphème

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Posté 12 mars 2018 - 11:15

Encore une soirée où elle avait trop bu, une soirée de plus, la suivante serait la même. Ce matin, elle s'était réveillée dans un état peu avouable entre plusieurs brigands de l'Eulogie Funèbre et c'est une bouteille en main, les vêtements en désordre et chancelant dangereusement à gauche puis à droite qu'elle arpentait les ruelles ce matin. Finalement, c'était cela la vie, l'oublier le soir pour la dégueuler dès le réveil dans le premier caniveau sans avoir de regrets, d'ailleurs des regrets elle n'en avait plus, il lui semblait même avoir promis sa main à un Clyde tout en sachant qu'en bien des points elle n'avait pas le talent de Bonnie... Même si, soyons réalistes, elle ne pouvait pas savoir qui étaient Bonnie et Clyde.

 

Quelqu'un s'amusait près de la fontaine, sous le regard de quelques gamins qui n'attendaient qu'une chose: qu'elle dégage pour pouvoir ramasser ses pièces. Blasphème s'arrêta et regarda la scène, se demandant quel genre de personne pouvait préférer gaver une fontaine que de faire la charité puis quand elle réalisa qu'elle-même faisait partie de ces crevards elle ne put retenir un léger ricanement. D'après tout, elle avait été l'un de ces petiots et elle s'était toujours démerdée pour ne pas demander l'aumône... Non... Depuis son plus jeune âge quand elle voulait quelque chose, bah elle n'attendait pas: elle se servait.

 

Le jeteur, ou plutôt la jeteuse de pièce se releva et la hobbit plissa légèrement les sourcils. Il ne manquait plus que ça, la colombe dont la blancheur n'était due qu'au foutre masculin. Blasphème haussa une épaule et se pencha par-dessus la fontaine pour s'asperger son visage masqué. Ce n'était pas tout, c'est que maintenant elle avait des mouches à mutiler. Elle jeta un dernier regard sur les enfants, le petit bambin de trois ans aux joues rebondies ferait un excellent goûter, elle reviendrait donc plus tard... En attendant elle se contenta de lui sourire, découvrant ses dents pointues et inquiétantes. Devant la vision d'horreur les gamins filèrent et Blasphème s'assit au bord de l'eau avant de s'étirer avec bruit:

 

 -Bah dis donc, c'est qu'tu dois t'faire sacrément chier pour jouer à "plouf or" dès l'matin toi, ou alors c'est qu't'as une vie tell'ment naze qu'tes derniers espoirs c'est d'faire des vœux. Tu sais, j'veux pas t'décourager, mais ça n'marche pas d'souhaiter des trucs, le seul truc valable c'est d'se bouger l'fion.

 

Puis tout en entonnant un air bien connu des auberges peu recommandables, Blasphème balança ses petits pieds chaussés dans le vide avant de sortir de sa besace deux couteaux qu'elle se mit à aiguiser l'un contre l'autre.


Sois un homme, comme ta mère.

 





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